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Los Q’eros : Une communauté indienne isolée

Los Q’eros : Une communauté indienne isolée

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Les Q'eros du perou


Los Q’eros : Une communauté indienne isolée

Sur un recoin du versant amazonien des Andes péruviennes vivent les Q’eros. Ces indigènes sont souvent considérés comme les ultimes gardiens des traditions incas. La cime sacrée de Wamanlipa constitue la porte d’entrée de leur territoire. Jatun Q’ero, est situé à 3400 m. Sa cinquantaine de maisons n’est habitée qu’en période de fête ! Le Carnaval est le plus suivi de ces moments festifs. La plupart des portes de ces «résidences secondaires » sont encore verrouillées par une imposante « serrure » taillée dans le bois. Des plantes de la famille des broméliacées, aux longues feuilles disposées en rosettes, décorent de nombreux toits de chaume. Dans chacune des maisons, quatre ou cinq énormes jarres en terre attendent d’être remplies de chicha.

Pour la grande réunion des cinq villages q’ero, les festivités débutent tranquillement par un moment de recueillement devant l’autel de l’église catholique. Les chamans d’ici ont l’art et la manière de mélanger les croyances précolombiennes et chrétiennes. Ils apparaissent aux yeux des autres Indiens de la cordillère comme leur élite religieuse. Ils ont pris l’habitude de proposer aux rares randonneurs de passage une cérémonie d’offrande à la Mère Nature, la Pachamama. Pour cela, le chaman revêt la tenue traditionnelle de son peuple : caleçon noir, poncho gris et bonnet. A l’abri d’un gros rocher sacré, il disperse des feuilles de coca afin de lire la chance du participant qu’il fait mettre à genoux, prononce quelques incantations et souffle sur le dessus de la tête du voyageur. L’une des offrandes sera offerte à la Pachamama, l’autre à la montagne sacrée des Q’eros, l’apu Wamanlipa.

L’économie de ce peuple est basée sur l’indépendance alimentaire, ils vivent sur trois niveaux écologiques différents. La résidence principale des Q’eros s’établit à l’étage supérieur (4000-4600 m). Ils y stockent leurs productions, élèvent leurs troupeaux de lamas et d’alpagas, cultivent une pomme de terre amère résistante aux fortes gelées hivernales. Chaque famille possède 20 à 50 alpagas, qui paissent sur les tourbières des vallées glaciaires.
A l’étage intermédiaire (3200-3800 m), les Q’eros ne cultivent pas moins d’une centaine de variétés de tubercules (añu, papa, oca…), des fèves, du tarwi, une sorte de lupin et le chuño (pommes de terre que le gel remplit d’eau puis piétinée afin d’obtenir une pomme de terre « sèche ». Ainsi déshydraté, l’aliment de base des Indiens pourra se conserver pendant trois ans).
Le climat chaud et humide de l’étage inférieur (1400-2000 m) permet à d’autres plantes de pousser : maïs, courge, poivron, patate douce, manioc. Le maïs sert surtout à l’élaboration de la chicha, la boisson rituelle alcoolisée. Des lamas sont utilisés pour remonter les récoltes vers les villages de l’étage supérieur.

Aujourd’hui, 2000 personnes appartiennent à cette communauté isolée. Seuls quelques rares Q’eros sont réellement hispanophones. La plupart ne comprennent pas vraiment l’espagnol, une chose rare dans les Andes. L’Etat péruvien dispense les hommes du service militaire, une étape qui serait forcément synonyme d’une acculturation plus rapide.


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